Qu’il s’agisse de personnes qui s’éloignent, de projets qui s’évanouissent dans le néant, d’espoirs, de visions ou d’illusions qui s’effritent, l’heure est au réalisme. Fini d’investir son énergie à se battre contre des moulins à vent – lisez le système avec ses lois, ses règles et ses limites, fini de jouer les héros éclairés créateurs d’un nouveau monde, fini de vouloir que ‘tout le monde il soit gentil’.

Alors ? On baisse les bras, on se résigne, on attend le cataclysme ? Pas le moins du monde ! Le défi est de garder ses rêves sans en devenir esclaves : tenir compte de l’état du monde, du pays, de la communauté et accueillir ses propres besoins portera davantage de fruits à long terme que de forcer la réalisation d’un idéal précurseur. Cela signifie s’écouter et se bichonner sans culpabilité, tout en conservant une attitude d’engagement à une échelle de proximité. L’heure est à la cohérence intérieure absolue où croyances, valeurs et actions au quotidien sont parfaitement alignées. C’est le moment de pratiquer sans tambour ni trompettes dans nos actions les plus anodines, dans nos échanges les plus simples, les valeurs que nous aimons prêcher et prétendons défendre. Nous ne faisons qu’un – oui, entre toi et moi, c’est le ‘et’ qui compte – oui, je suis un autre toi – encore oui. Que ce soit le Ubuntu africain, le inlak’esh maya, ou encore les textes sacrés des grandes religions, il s’agit maintenant de vivre cette notion d’unité en conscience, à tout moment, dans tous les domaines, en nous respectant et en nous honorant les uns les autres. Que cela devienne un véritable art de vivre intelligent et bienveillant. Tout en apprenant à naviguer dans la houle, c’est aussi le moment de rester vigilant, et non de faire l’autruche ni d’entrer en hibernation. Il s’agit d’accompagner avec bienveillance ce qui s’en va, des pans de vies, des amitiés, des croyances, des attachements et j’en passe, et d’accueillir avec confiance – et discernement – ce qui se présente à nous : nouvelles personnes, propositions inattendues, retour d’anciennes occupations, envies et intérêts… tout en restant zen, lisez ‘réaliste’ et bien ancré.

Le mouvement de nettoyage et de purification entamé en septembre se mue en urgence d’épuration, en appel à tenir le cap quelle que soit la force de la tempête. Après le solstice, la lumière revient peu à peu. Même si 2016 s’annonce ‘intéressante’ et porteuse de toutes sortes de surprises, l’approche du printemps sera bienvenue. La période actuelle appartient à un cycle commencé en novembre 2014, avec un moment-clé en mars 2015. Il se peut que vous ayez abouti aujourd'hui à une culmination, à une moisson heureuse. Si ce n’est pas le cas, penchez-vous sur les événements vécus autour de ces dates, faites le point et essayez d’en dégager la substantifique moelle pour mieux pouvoir vous réorienter.

Les défis se présentent davantage dans la matière, la santé physique et les valeurs concrètes, et les outils les plus efficaces pour les relever proviendront du même niveau. Une alimentation équilibrée et de qualité, sans sucres mais avec des légumes bio, de l’eau ‘propre’ et dynamisée, des céréales légères détoxifieront l’organisme et par la même occasion les pensées et les émotions. Sommeil et mouvement ont également toute leur importance. Dans un autre domaine, les rituels et cérémonies permettront de nous relier au cosmos tout en étant bien ancrés. Si vous méditez, continuez et ajoutez la pratique dans le concret sous forme de rituels : inventez, écoutez ce que vous dicte votre cœur, pensez à remercier, à invoquer les gardiens de la Vie, et vos rituels seront tout aussi puissants qu’une ‘recette’ copiée d’un livre chamanique.

A toutes et à tous je souhaite un solstice lumineux, joyeux, empreint de paix et de confiance.