Ce n’est pas un secret, Jésus n’est pas le seul. Dans de nombreuses traditions, un sauveur, un être solaire, est né le 25 décembre. Tout comme lui, Mithra, Horus ou Dionysos ont fait des miracles avant de mourir pour ressusciter trois jours plus tard. Au gré des temps et des cultures, ces êtres emblématiques ont été choisis pour représenter le cycle du Soleil, cet astre vénéré depuis l’aube de l’humanité, car garant de toute vie sur terre. Lorsqu’au Solstice d’hiver de l’hémisphère Nord le Soleil arrive au bout de sa course, il ne repart pas en dessinant un V, mais bien un U. Les trois premiers jours de l’inversion de sa course vers le Nord sont presque imperceptibles et si le solstice a lieu le 21 décembre, un laps de temps est nécessaire pour que nous commencions à sentir le retour de la lumière le 25 décembre.

Environ un demi-cycle lunaire plus tard, le 6 janvier, nous célébrons l’Epiphanie, qui en grec ancien signifie ‘manifestation’ et correspond à une seconde étape de l’augmentation visible de la lumière et du rallongement des journées. La mythologie chrétienne nous parle des Trois Rois Mages venus ce jour-là apporter des présents à l’enfant Jésus, guidés par une étoile brillante. A cette période de l’année, au lever du Soleil, l’étoile Sirius, la plus brillante du ciel, est alignée aux trois étoiles de la ceinture d’Orion : Alnilak, Alnilam et Mintak….. ou encore Gaspar, Melchior et Balthazar, rois et astrologues/astronomes. Rappelons que cette histoire se déroulait en un temps où les ‘logues’ et les ‘nomes’ ne faisaient qu’un. En Afrique australe, où Sirius occupe une place de choix dans la cosmogénèse, Alnilam devient Mbube - le Lion, un autre héros solaire en chair et en os.

Pendant les trois jours ‘sombres’, comme un germe se libérant de l’enveloppe de la graine, une étincelle jaillit, appelée à accompagner toutes les créatures terrestres tout au long de la ronde du Soleil, apportant prospérité, abondance et paix. De même qu’il faut quelques jours pour que l’impact des éruptions solaires se fasse sentir au niveau géomagnétique, c’est au moment de l’Epiphanie que l’énergie de cette étincelle nous parvient et se manifeste. L’Epiphanie est un jour sacré pour recevoir l’inspiration, pour entendre l’appel de notre âme, pour voir clair et percevoir encore mieux notre place dans l’univers et sur terre, le sens à donner à notre vie ici et maintenant. C’est aussi le moment de réitérer notre engagement vis-à-vis de nous-mêmes – offrons-nous le plus beau des cadeaux : celui d’accueillir notre lumière intérieure et de la faire rayonner autour de nous. Plutôt que de nourrir ce qui ne va pas, concentrons-nous sur le verre à moitié plein pour que l’esprit christique, la compassion, la bienveillance qui sommeillent à l’intérieur de chacun de nous viennent former un océan de Paix. Sans faire l’autruche, sans attendre de sauveur extérieur, en toute conscience.

Le prochain rendez-vous sera le 2 février : présentation de Jésus au Temple pour les uns, Chandeleur pour les autres, ou encore Imbolc, fête celtique. Quelle que soit l’étiquette, il sera question de purification et d’hommage à la Grande Mère – la Brigit celtique – gardienne de la vie, de la fertilité, de l’abondance.