C’est quoi, Quaoar ?
Il était une fois…. une tribu amérindienne vivant sur la côte pacifique des Etats pas encore Unis appelée Tongva, les « gens de la terre ». Dirigée par un chef héréditaire, la santé et le lien avec les forces invisibles sous la responsabilité de chamanes et guérisseurs, la société tongva était bien structurée. Par des rites initiatiques souvent très durs, les jeunes non seulement trouvaient leur puissance et leurs limites, mais tissaient aussi une solide cohésion entre eux. L’enfer, les forces diaboliques, le péché étaient autant de notions inconnues. Ils vivaient en paix. Tour à tour, les explorateurs, les missionnaires et les colons américains leur apportèrent le concept du mal, de la faute et de la culpabilité, ainsi que les maladies qui décimèrent si bien les Tongva qu’il n’en reste plus qu’une poignée aujourd’hui.

Les Anciens Tongva racontent qu’un jour les divinités eurent envie de s’incarner sur terre. Quaoar est la grande force qui chante et danse pour permettre à l’énergie de se faire matière. Ayant entendu le désir des divinités, Quaoar descendit donc du ciel et commença par mettre de l’ordre dans le chaos primordial. En chantant et en dansant il créa ensuite les animaux, puis l’homme et la femme. Au fur et à mesure que la création se faisait plus complexe avec l’arrivée de la déesse de la mer, de la grand-mère lune, du seigneur des rêves, du pourvoyeur de la nourriture et ainsi de suite, la chorégraphie de Quaoar se faisait plus subtile, plus sophistiquée et plus merveilleuse. C’est ainsi que la vie naquit sur la planète dans la beauté et la bonne convivance, grâce à la ‘grande plongée’ de Quaoar dont le chant et la danse véhiculent les secrets de l’origine et de l’évolution de l’humanité. Pour le peuple Tongva, Quaoar est synonyme de danse faite rituel, enseignant le respect de la nature et de l’autre, permettant d’apaiser l’adversité, de célébrer la vie, les victoires et les événements heureux, de se libérer de toute lourdeur, souffrance et tristesse personnelle ou collective. Elle réveille la connaissance innée des hommes et des femmes, devient force initiatrice reliant les espaces et les temps, ouvrant la conscience à la coexistence, à l’identité et à l’appartenance au niveau de l’essence individuelle et du cosmos.

Quaoar et la science
20 ans – du 17 juillet 1982 au 5 juin 2002 très exactement – se sont écoulés entre sa première apparition repérée par Gareth Williams et C.L. Marsden et la reconnaissance officielle de 2002LM60. A la recherche de gros objets à 11 milliards de kilomètres au-delà de l’orbite de Neptune dans la ceinture de Kuiper aux confins de notre système solaire, deux astronomes du « California Institute of Technology », Michael Brown et Chadwick Trujillo, le baptisèrent Quaoar en 2002, avant même qu’il ne reçoive une identité numérique.

Peu brillant, beaucoup plus grand qu’une comète – son diamètre est d’environ 1250 km, Quaoar mesure plus que la moitié de Pluton, la dernière grande ‘découverte’ il y a 78 ans. Formé de glace et de roche, son parcours orbital est presque parfaitement circulaire. Il tourne autour du soleil en 288 ans. Comme d’autres petits corps célestes, il semblerait qu’il soit resté pratiquement intact depuis la formation de notre système planétaire. En tant que survivant du système solaire dit primitif, il permettra aux astronomes de reconstituer notre histoire planétaire, car, à l’image d’une cellule du corps humain, il porte la mémoire de tous les événements marquants de l’évolution de notre système et se rapproche de la substance primaire et permanente de l’univers, autrement dit de la source, de l’essence.

Alors que la vision quantique s’étend petit à petit, que la science progressiste déchiffre les mélodies des protéines et autres molécules, et que les notions de coexistence, d’énergie et de mouvement continu commencent à s’inscrire de manière consciente dans la mémoire collective, la rencontre avec Quaoar relève d’une synchronicité merveilleuse. Prenons l’activation de l’ADN tant en demande aujourd’hui : quelle que soit l’approche choisie, elle a pour but de nous reconnecter avec notre essence dans l’infiniment petit. Dans le cosmos, les ‘petits’ objets célestes de la ceinture de Kuiper tel que Quaoar devraient nous permettre de rencontrer et de connaître l’origine de toute vie dans l’infiniment grand. Et si le chant et la danse du Quaoar Tungva se réveillait pour servir d’intermédiaire entre le ciel et la terre, les dieux et les hommes, afin d’activer les mémoires de coexistence harmonieuse et de paix ? Après Uranus le rebelle épris de liberté et Pluton le révolutionnaire violent, bienvenue à Quaoar !

Quaoar : symbolique et astrologie
Lors de son apparition en 2002, Quaoar se glissait gracieusement dans la constellation d’Ophiuchus, le serpentaire, ou le Charmeur de Serpents. Serait-ce le moment pour l’être humain de maîtriser (d’activer) le serpent de l’ADN ? En ouvrant son cœur et sa conscience dans un processus de transformation, l’humain retrouve les dons de clairvoyance, -sentience, –audience et le savoir inné. Le temps n’est plus linéaire, l’espace n’a plus de limites : l’homme au serpent devient passeur quantique, pont entre le micro et le macro, entre l’essence individuelle et la source. Mais il devient parfois aussi apprenti-sorcier qui manipule la vie à qui mieux-mieux, à la recherche de la maîtrise de la vie et de la mort… Ophiuchus est parfois appelé le 13e signe zodiacal, correspondant à une ouverture de conscience, à une transition comme celle que l’humanité est en train de vivre. Il est très lié à tout ce qui touche la médecine et la guérison. Placée entre le Scorpion et le Sagittaire, la constellation d’Ophiuchus est représentée par un homme tenant un serpent, précédant le caducée d’Esculape et à l’image du sumérien Enki ou encore de l’égyptien Imhotep. Le soleil passe 19 jours dans cette constellation.

Marie-Noëlle Anderson

Le site www.astro.com (Astrodienste) donne les éphémérides complètes de Quaoar.